Alimentation - Réseau Périnatalité Eure et Seine-Maritime

TRADUCTION

Alimentation

  1. Recommandations
  2. Prescription de compléments nutritionnels pendant la grossesse
  3. Les aliments à limiter ou éviter
  4. Prise de poids pendant la grossesse
  5. Gérer son appétit et limiter la prise de poids
  6. Le phénomène de la « mummyrexie » ou « pregnorexia »
  7. Prévention des risques infectieux

Recommandations

N’attendez pas d’être enceinte pour préparer au mieux votre grossesse. Une vie saine, la pratique régulière d’une activité physique, une alimentation variée sont essentielles pour aborder cette future grossesse en pleine forme ! Tout au long de votre grossesse, une alimentation appropriée vous permet non seulement de couvrir vos besoins nutritionnels mais aussi ceux de votre bébé, et favorise sa croissance harmonieuse.

Pour en savoir plus :

Brochure INPES (2015) : Le guide nutrition de la grossessecliquer ici

La vitamine B9, appelée aussi « acide folique » ou « folates » tient son nom du latin « folium » (= feuille) car elle est présente en grande quantité dans les légumes verts à feuilles. Elle joue un rôle essentiel dans le développement du fœtus. Elle permet de réduire de manière significative les risques d’un retard de croissance ou de certaines malformations chez le bébé à naître. Elle est apportée par une alimentation qui suit les repères du programme national nutrition santé (PNNS) mais elle peut être prescrite par le médecin, pour plus de sécurité, à toutes les femmes ayant un projet de grossesse, sous forme de supplémentation (Spéciafoldine®).

Pour en savoir plus :

Brochure PNNS (2012) : Vous avez un projet de bébé ? Pensez dès maintenant à la vitamine B9cliquer ici

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Pendant la grossesse, l’alimentation doit être variée et comporter des aliments des 3 groupes suivants :

  • Les protéines : viande, poisson, œuf, produits laitiers, céréales, soja, légumes secs, etc…
  • Les glucides : sucres lents à privilégier (pain, pâte, riz, céréales, semoule, etc…) et sucres rapides avec modération.
  • Les lipides : beurre, huiles, crème, charcuterie, etc…

La boisson à privilégier reste l’eau.

Il faut renforcer ses besoins en :

  • Calcium : les besoins sont augmentés au cours de la grossesse car le calcium participe à la construction du squelette du bébé. Le calcium se trouve essentiellement dans les produits laitiers.
  • Vitamine D : théoriquement la peau synthétise la vitamine D sous l’action du soleil. Généralement, la femme enceinte en manque, c’est pourquoi il peut lui en être prescrit sous forme d’ampoule buvable.
  • Folates : ils sont essentiels au bon déroulement de la grossesse. Ils se trouvent dans certains aliments tels que cresson, épinard, mâche, brocoli, melon, noix, châtaignes, etc… Le médecin peut toujours vous prescrire une supplémentation en cas de carence.
  • Fer : la supplémentation n’est pas systématique, seulement chez certaines femmes (anémie).

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Attention à l’automédication ou les compléments vitaminiques ! Parlez-en avec le professionnel qui suit votre grossesse.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) recommande d’éviter la multiplication des sources de vitamines et minéraux en l’absence de besoins établis.

Il est déconseillé de faire un régime sans sel.

Continuez à garder une activité sportive compatible avec le terme de votre grossesse. De préférence, favorisez la marche pour des trajets courts.

Pour en savoir plus :

Page : Activités physiques

Source : (cliquer sur l’image pour accéder au lien)

Les nutriments clés


Prescription de compléments nutritionnels pendant la grossesse

Seul l’acide folique est conseillé systématiquement. En complément nutritionnel, 28 jours avant la conception et jusqu’à 12 semaines de gestation, il réduit le risque de malformation du tube neural. La dose recommandée est de 400 μg par jour. La vitamine B9 vous sera prescrite par votre médecin.

En cas de carence, de la vitamine D, du fer, de l’iode ou du calcium peuvent être prescrits.

La vitamine D est prescrite systématiquement aux femmes qui s’exposent peu au soleil ou en cas de port de vêtements couvrants ou de faible apport alimentaire et pour les grossesses qui se développent en hiver. Dans ces cas, une dose unique de 100 000 UI administrée au début du 6ème ou 7ème mois est recommandée lorsque la supplémentation n’a pas été entreprise dès le début de la grossesse.

L’Anses rappelle aux femmes enceintes de ne pas consommer de compléments alimentaires sans l’avis d’un professionnel de santé et leur recommande de signaler à leur médecin, pharmacien ou sage-femme la prise de tout produit (médicament ou complément alimentaire), qu’il soit délivré sur prescription ou pris en automédication.

Source : (cliquer sur l’image pour accéder au lien)

Compléments alimentaires et grossesse


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Les aliments à limiter ou éviter

Pas d’alcool :

Chez la femme enceinte, l’alcool passe du sang maternel dans le sang du bébé. L’alcool est toxique pour votre enfant et constitue un risque pour son développement neurologique, quelle que soit la dose d’alcool que vous ingérez. Évitez toutes boissons alcoolisées (alcools forts, vins, bières, etc…) mais aussi les aliments contenant de l’alcool.

Pour en savoir plus :

Page : Alcool

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Pas de tabac :

Le tabac contient des produits toxiques qui sont libérés lorsqu’on fume (nicotine, monoxyde de carbone, goudrons, métaux lourds, etc…). Il est recommandé d’arrêter de fumer pendant votre grossesse pour limiter le risque pour la santé de votre enfant. Pour arrêter, il est possible d’utiliser des substituts nicotiniques sous contrôle médical. Le tabagisme passif (lorsqu’on fume à côté de vous) comporte également des risques.

Pour en savoir plus :

Page : Tabac

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Modérer la caféine :

Le café, le thé, certains sodas et boissons énergisantes contiennent de la caféine en quantités variables. Pour un même volume, le thé en contient deux fois moins que le café par exemple. Une consommation importante de caféine aurait un effet sur l’accélération des battements du cœur du bébé (réversible et sans gravité). Essayez de limiter votre consommation à trois tasses de café maximum par jour.

Éviter certains aliments :

Le foie et les produits à base de foie sont particulièrement riches en vitamine A. Consommée en grandes quantités, cette vitamine peut être dangereuse pour le fœtus. Dans le cadre d’une alimentation équilibrée, la dose responsable de ces effets néfastes est très difficile à atteindre. Cependant, une consommation excessive de foies d’animaux peut entraîner une surdose de vitamine A. Limitez donc autant que possible ces aliments.

Le soja et les produits à base de soja contiennent des hormones dont les effets pourraient s’avérer néfastes. Dans la mesure du possible, il est donc recommandé d’éviter de consommer des produits à base de soja pendant la grossesse.

Certains aliments sont enrichis en phytostérols (margarines, yaourts, boissons lactées, sauces vinaigrettes, etc…). Ces produits sont conçus pour les personnes ayant trop de cholestérol. Ces produits sont déconseillés pendant la grossesse. Si vous avez un excès de cholestérol, rapprochez-vous de votre médecin ou sage-femme qui vous conseillera sur les réflexes à adopter.

Source : (cliquer sur l’image pour accéder au lien)

Les aliments à limiter ou éviter


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Prise de poids pendant la grossesse

Prendre du poids pendant la grossesse est normal et nécessaire. On conseille une prise de poids d’environ 12 kg, cela favorise une grossesse et un accouchement sans complications et ensuite un retour facilité à votre poids antérieur.

La prise de poids est en moyenne de 1 kg par mois et de 1,5 kg les deux derniers mois. Mais ce n’est qu’une moyenne et elle peut être variable en fonction de votre corpulence avant la grossesse. Discutez-en avec votre médecin ou votre sage-femme qui peuvent aussi vous donner des conseils nutritionnels adaptés.

Combien de poids prendre ?

Votre prise de poids est progressive au cours de la grossesse. Pendant la première moitié de la grossesse, le gain de poids est modéré : de 4 à 5 kg. Pendant la seconde moitié, la prise de poids, plus importante, profite essentiellement à la croissance du fœtus et du placenta.

Si vous attendez des jumeaux :

La prise de poids moyenne sera alors de 3 à 4 kg supplémentaires.

Si vous êtes plutôt maigre :

Une prise de poids supérieure à 12 kg favorisera la croissance utérine optimale de votre enfant.

Si vous étiez en surpoids avant d’être enceinte ou si vous prenez « trop » de poids pendant votre grossesse :

Cela peut majorer le risque de complications (diabète gestationnel et hypertension).

Sous contrôle médical, vous veillerez à avoir une prise de poids plus modérée, en limitant notamment les aliments gras et sucrés.

Pour en savoir plus :

Brochure INPES (2015) : Le guide nutrition de la grossesse (page 20) – cliquer ici


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Gérer son appétit et limiter la prise de poids

Vous avez tout le temps faim ? Vous avez des fringales ? C’est tout à fait normal. Suivez les conseils suivant pour mieux gérer votre alimentation et limiter la prise de poids durant votre grossesse :

Manger plus souvent sans manger plus :

Le premier trimestre de la grossesse est souvent marqué par l’apparition de fringales. Apprenez à manger plus souvent, au cours de la journée, sans pour autant manger plus : fractionnez vos prises alimentaires en faisant des repas plus légers et en prenant des collations équilibrées (en plus du goûter).

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Limiter la prise de poids :

Votre corps change et vous prenez du poids. C’est normal, votre corps accueille un enfant qui se développe et grandit. Une prise de poids de 12 kg environ à la fin des neuf mois est considérée comme raisonnable et est le témoin du bon déroulement de la grossesse.

Cette prise dépend néanmoins de votre poids initial : plus votre IMC* est élevé avant la grossesse, plus votre prise de poids devra être moindre. Elle se fait progressivement et est généralement de 4 à 5 kg pendant la première moitié de la grossesse. Elle augmente par la suite et participe alors à la croissance du fœtus et du placenta.

N’hésitez pas à boire suffisamment tout au long de votre grossesse : l’eau ne fait pas grossir et elle hydrate votre corps ainsi que celui de votre bébé.

Vous attendez des jumeaux ? Prévoyez de prendre 3 à 4 kg de plus, soit un gain total de 15 à 16 kg.

Vous étiez en surpoids avant d’être enceinte ? Vous prenez trop de poids ? Vous ne prenez plus de poids ou vous en perdez ? Demandez conseil à votre médecin ou votre sage-femme.

Attention : les régimes amaigrissants sont contre-indiqués durant la grossesse.

*Indice de Masse Corporelle (IMC) = poids (kg) / taille2 (mètres).

Source : (cliquer sur l’image pour accéder au lien)

Gérer son appétit et limiter la prise de poids


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Le phénomène de la « mummyrexie » ou « pregnorexia »

Contrôle du poids, régimes drastiques riches en protéines ou pauvres en glucides, depuis de nombreuses années le culte de la minceur n’a cessé d’influencer certaines femmes souvent au péril de leur santé… Un phénomène est en train de prendre de l’ampleur la « mummyrexie ». Contraction de « mummy », maman en anglais et de « rexie », suffixe d’anorexie, ce mal touche les femmes enceintes.

Une obsession avec des conséquences lourdes

Également surnommée pregnorexia, cette obsession est de plus en plus fréquente pas seulement auprès des stars mais aussi auprès de jeunes mamans. Souhaitant garder la ligne à tout prix durant leur grossesse, elles n’hésitent pas à suivre des régimes stricts et à faire des séances intensives de sport. D’ailleurs, pour certaines, cette idée fixe se prolonge jusqu’au 3ème trimestre de grossesse. Cette privation volontaire de nourriture et cette suractivité physique tourne alors à la pathologie : perte d’appétit, lutte contre la faim et contre l’absorption de nourriture. Les futures mères n’ont pas conscience des risques encourus : des carences et de l’anémie sont à craindre. S’il y a un manque important de vitamines, de fer ou de calcium, c’est le fœtus qui puisera en priorité dans les réserves maternelles de ces nutriments. En dessous de 5 kilos pris pendant la grossesse, on compte plus de prématurés : des bébés plus petits à la naissance et qui ont des problèmes de santé chroniques sur le long terme. De plus, les enfants restreints pendant la grossesse présentent des risques de développer des pathologies telles que le diabète ou l’obésité à l’âge adulte.

Pour en savoir plus :

Page : Activités physiques


Prévention des risques infectieux

Prévention de la toxoplasmose : si vous n’êtes pas immunisée

  • Laver soigneusement les fruits, les légumes et les herbes aromatiques afin de leur ôter tout résidu de terre, surtout s’ils sont destinés à être consommes crus.
  • Évitez de manger de la viande crue ou peu cuite.
  • Évitez les viandes fumées ou marinées sauf si bien cuites.
  • Bien cuire la viande et le poisson.
  • Éviter les contacts directs avec les objets qui pourraient être contaminés par les excréments de chats.
  • Éviter le contact avec la terre.

Prévention de la salmonellose : en plus des mesures précédentes

  • Éviter de consommer des œufs crus ou mal cuits.
  • Réaliser les préparations à base d’œufs sans cuisson le plus près possible du moment de la consommation et les conserver au frais.

Prévention de la listériose :

  • Évitez de consommer des fromages à pâte molle à croute fleurie (type camembert, brie, etc…) et à croute lavée (type pont l’évêque, munster, etc…) surtout s’ils sont au lait cru, les fromages râpés industriels, enlevez la croute des fromages.
  • Évitez certains produits de charcuterie notamment : rillettes, foie gras, pâtés, produits en gelée, etc… préférer les produits préemballés et les consommer rapidement après leur achat.
  • Évitez la viande crue ou peu cuite, les coquillages crus, le poisson cru, les poissons fumés.

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Et de façon plus générale :

  • Nettoyer régulièrement le réfrigérateur.
  • Ne pas conserver les aliments trop longtemps.
  • Se laver souvent les mains.

Pour en savoir plus :

Page : Infections

Source : (cliquer sur l’image pour accéder au lien)

Les bons gestes d’hygiène


Rédaction : Dr Jean-Louis SIMENEL et Sabine SIONVILLE (04/07/2017).


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