Au CHU de Rouen, l'autisme détecté dès le plus jeune âge : « Il faut croire les parents » - Réseau Périnatalité Eure et Seine-Maritime

Au CHU de Rouen, l’autisme détecté dès le plus jeune âge : « Il faut croire les parents »

par / lundi, 19 octobre 2020 / Publié dans ACTUALITÉS

Au Centre Hospitalier Universitaire de Rouen (Seine-Maritime), une plateforme est mise en place pour détecter le plus rapidement possible l’autisme chez l’enfant.

Détecter l’autisme dès le plus jeune âge est essentiel pour agir au plus vite.

Par Manon Loubet
Publié le 18 Oct 20 à 17:04

Le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Rouen (Seine-Maritime) a été parmi les premiers hôpitaux en France à développer une Plateforme de Coordination et d’Orientation (PCO) pour détecter rapidement les troubles de neuro-développement chez l’enfant, notamment l’autisme, en novembre 2019.

Deux ans après la visite du chef de l’État au CHU de Rouen pour présenter son plan autisme, Claire Compagnon, déléguée interministérielle est venue constater les avancées de cette plateforme de détection, mardi 13 octobre 2020. Une innovation qui se développe désormais dans tous les départements français.

« Il est plus facile d’agir quand les enfants sont jeunes »

« Dans l’Eure, la plateforme va être mise en place en novembre 2020, annonce Élise Noguera, directrice générale adjointe de l’Agence Régionale de Santé (ARS) en Normandie. Pour l’Orne, c’est prévu pour décembre 2020. Et pour la Manche et le Calvados, ce sera pour le premier semestre 2021. »

« Le but de ces plateformes est de déceler ces troubles dès le plus jeune âge. Aujourd’hui, la détection se fait autour des 6-7 ans en moyenne alors qu’il est possible de le repérer dès les six mois de l’enfant, souligne Claire Compagnon. Nous devons rattraper ce retard. »

Surtout qu’il est beaucoup plus facile d’agir quand les enfants sont très jeunes « parce que leurs cerveaux sont plus malléables », indique Stéphane Marret, pédiatre au CHU de Rouen et responsable de la plateforme seinomarine. « Avec des séances d’ergothérapie, de psychomotricité et de psychologie, des enfants qui ne parlent pas retrouvent le langage très rapidement, assure Claire Compagnon. Plus on intervient tôt et plus c’est efficace. »

Ces interventions dès le plus jeune âge peuvent également éviter des troubles à l’âge adulte. « C’est vraiment nécessaire de détecter les troubles très tôt. Et il faut croire les parents, ajoute Claire Compagnon. Bien souvent, on leur dit qu’il ne faut pas s’inquiéter, que c’est normal… Alors que la plupart du temps, ils ont raison. »

Des nouveaux remboursements mis en place

Un argument que Stéphane Marret reprend à son compte. « Nous poussons tous les professionnels de santé à croire les inquiétudes des parents, car elles ne sont jamais anodines. » Ce pédiatre a d’ailleurs participé à un guide de détection des troubles de neuro-développement chez l’enfant à destination des professionnels de santé. Une consultation longue à 60 euros de détection chez le médecin généraliste est désormais remboursée par la sécurité sociale.

Les consultations chez les ergothérapeutes, les psychomotriciens et les psychologues sont désormais remboursées par la Sécurité sociale pour les enfants détectés par la plateforme. Et ce, pendant un an. « Ensuite, c’est la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) qui prendra le relais. Il existe tout de même une dérogation pour six mois supplémentaires en cas de problème », présente Claire Compagnon, qui se félicite de ce dispositif.

« Avant, des parents payaient de leurs poches jusqu’à 500 euros par mois pour que leurs enfants puissent bénéficier de suivis en ergothérapie ou en psychomotricité. Désormais, c’est gratuit », souligne la déléguée ministérielle.

150 enfants reçus

La Plateforme de Coordination et d’Orientation de Seine-Maritime a déjà reçu 350 demandes pour des enfants depuis sa création. « 150 nécessitait une intervention précoce », indique Jérôme Dupont, responsable de la plateforme.

Les 340 millions d’euros mis sur la table par le gouvernement pour le plan autisme semblent donc faire leurs effets au niveau local. Même si des problématiques de manque de personnel émergent en campagne en raison du désert médical seinomarin.

Des questions concernant le remboursement des heures des éducateurs spécialisés, jusqu’alors inexistant, ont également été soulevées. La déléguée ministérielle a précisé que pour l’heure, rien n’était fait mais que « des discussions sont en cours ».

VIDÉO. Une campagne de sensibilisation à la détection précoce de l’autisme a été lancée le 12 octobre 2020 par le gouvernement :

Source : (cliquer sur l’image pour accéder au lien)

Au CHU de Rouen, l’autisme détecté dès le plus jeune âge : « Il faut croire les parents »

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